Biographie Bob Marley : Cedella Marley, jeune fille de 17 ans, et Norval Marley un capitaine anglais donnent naissance le 6 février 1945 à Nesta Robert Marley à Nine Miles (Saint-Ann).

En 1955, Norval Marley décède. Deux ans plus tard, le petit Marley rejoint sa mère à Kingston. Cedella vit à cette époque dans un ghetto de Kingston, Trenchtown. Nesta va à l'école jusqu'à 15 ans. Il se lie d'amitié avec Bunny Livingston, le futur Bunny Wailer.

Soutenu par un autre débutant, Jimmy Cliff, il enregistre trois titres pour Leslie Kong, dont le ska « Judge Not » qu'il a composé avec l'aide de Joe Higgs. Son premier 45 tours sort en 1962 sur le label Beverley's, il a 17 ans.

Cedella Marley part vivre aux Etats-Unis, tandis que Bob Marley reste en Jamaïque. Bunny Wailer et lui rencontrent Peter McIntosh, dit Peter Tosh, qui possède une vraie guitare. Ce dernier leur apprend à en jouer, mais complète surtout le trio avec sa voix de baryton. The Wailers sont nés.

A l'été 1963, ils enregistrent pour Clement Coxsone Dodd, maître de Studio One. La première séance permet de sortir le tube « Simmer Down ». Lors de l'enregistrement, les chanteurs sont accompagnés des fameux The Skatalites. Les Wailing Wailers, comme les a baptisé Dodd, restent deux mois en tête du hit-parade au début de l'année 1964.

La musique jamaïcaine est en train d'opérer un tournant avec les six millions d'exemplaires écoulés en 1964 du disque « My Boy Lollipop » de Millie Small. Le label qui l'a sorti, Island Records, est dirigé par Chris Blackwell. Au même moment Bob Marley qui joue alors le rude boy (petit voyou jamaïcain) est surnomé « Tough Gong» ou « Tuff Gong».

Bob Marley souhaite rejoindre sa mère aux Etats-Unis pour gagner de quoi créer son label, mais il s'est lié avec une jeune chanteuse, Rita Anderson, dont le groupe a enregistré à Studio One. Les cheveux courts, dans son costume de scène noir, il l'épouse le 10 février 1966 et le lendemain, part rejoindre sa mère dans le Delaware.

Marley revient en Jamaïque en octobre 1966. Il compose à ce moment là quelques uns de ses futurs tubes comme « Stir It Up » ou « Trenchtown Rock », et se rapproche alors très fortement du mouvement rasta. Le son se dirige doucement vers le lent « skank » typique du reggae.

Ensuite ils confient leur destinée à Lee Scratch Perry. Les séances issues de leurs collaborations sont considérées comme la meilleure période de The Wailers. « Sun Is Shinning », « Soul Rebel » ou « Small Axe » voient le jour à cette période. En 1970, Aston « Family Man » Barrett (basse) et Carlton Barrett (batterie) membres du groupe The Upsetters qui officie pour Lee Scratch Perry deviennent la section rythmique de The Wailers.

En 1970 et 1971, le groupe est en Angleterre alors que le reggae est en train d'exploser au niveau international depuis le succès du film The Harder They Come. Celui qui a senti ce tournant est Chris Blackwell, il suit The Wailers depuis longtemps. En poussant la porte de son bureau à Londres fin 1971, Bob Marley ouvre aux Wailers les portes de la gloire.

Catch a Fire sort en décembre 1972 en Angleterre. Le disque rencontre seulement un succès d'estime, mais le ton est donné. Début 1973,The Wailers tourne en Angleterre, dernière tournée de Bunny Wailer qui décide au retour de ne plus faire de concerts à l'étranger. Le chanteur participe toutefois aux sessions de Burnin' qui verra le jour en octobre 1973. Le disque contient plusieurs titres entrés dans l'histoire : « Get Up, Stand Up » et « I Shot the Sheriff ». Après une tournée avortée aux Etats-Unis et le départ d'Earl Lindo. Bob Marley décide avec Chris Blackwell de prendre le contrôle, ce qui signifie que Peter Tosh est évincé. Ce sera désormais Bob Marley & The Wailers.

En 1974 la reprise de « I Shot the Sheriff » par Eric Clapton atteint la première place des charts américains. Natty Dread sort en 1975 avec un son qui a évolué, notamment avec le langoureux « No Woman, No Cry ». Al Anderson (guitare) rejoint le groupe qui a également engagé les choristes Rita Marley, Judy Mowatt et Marcia Griffiths, nommées The I-Threes. Tyrone Downie est sollicité par Bob Marley pour assurer les claviers.

La performance  au Lyceum de Londres est enregistrée et publiée quelques mois plus tard sous le titre de Live! La version de « No woman, No Cry » de ce soir là est intense, pure, inoubliable.

Nouveaux changements en 1976 avec le départ du groupe d'Al Anderson qui part jouer avec Peter Tosh. Il faut deux guitaristes pour le remplacer : Earl « China » Smith et l'américain Don Kinsey. Ils intègrent The Wailers à l'aube de l'album Rastman Vibration. Le titre phare de cet album, qui sort en mai 1976, est une adaptation d'un discours d'Haïlé Sélassié à l'ONU en 1968 rebaptisé « War ».

La situation politique en Jamaïque est explosive, Bob Marley organise un concert de réconciliation nationale, Smile Jamaïca doit réunir différents artistes le 5 décembre 1976.Le 3 décembre six hommes armés tirent sur la maison/studio de Bob Marley au 56 Hope Road à Kingston. Rita est touchée à la tête, Bob Marley au sternum et au biceps, Don Taylor est lui atteint par cinq balles. Les raisons de l'attentat ne sont jamais clairement établies. Après une certaine confusion, le concert a finalement lieu. The Wailers se réfugient ensuite aux Bahamas.

En janvier 1977, le groupe part à Londres pour enregistrer. Junior Marvin prend la place de Don Kinsey à la guitare. Deux albums : Exodus en 1977 et Kaya en 1978 naissent de ces sessions. Lors de la tournée qui suit, Bob Marley se blesse au pied en jouant au foot à Paris. Des analyses quelques mois plus tard révèlent des cellules cancéreuses. Il se fait amputer un orteil afin de stopper la maladie.

Le 22 avril 1978, il atteint le sommet de sa carrière chez lui en participant avec d'autres stars jamaïcaines au One Love Concert. Bob Marley profite de l'occasion pour réunir les mains liés de Michael Manley et d'Edward Seaga en l'air pour graver cette image historique de réconciliation.

Une sélection de morceaux issus de quatre concerts européen est enregistrée et publiée sous le titre Babylon by Bus. Bob Marley trouve le temps de se rendre en Ethiopie, réalisant enfin son rêve d'aller en Afrique. Ces voyages africains lui inspirent l'album Survival qui sort en 1979. Le disque est symbolisé par le morceau « Africa Unite ». Une nouvelle consécration l'attend avec une invitation à chanter le titre « Zimbabwe » lors des cérémonies d'indépendance de ce pays en 1980.

Le groupe enregistre Uprising qui contient la magnifique ballade autobiographique, « Redemption Song ». Avec la sortie d'Uprising, The Wailers reprennent la route avec un Bob Marley usé.

Un matin à New-York, lors de son jogging, il s'écroule dans les bras d'Allan « Skill » Cole. Le chanteur a une tumeur au cerveau. Contre l'avis médical, il part le lendemain pour jouer son dernier concert à Pittsburgh. De nouveaux examens révèlent un cancer à l'estomac et un autre aux poumons. Marley est hospitalisé tout d'abord à New York puis en Allemagne. Le 3 mai 1981, le docteur allemand déclare forfait, le 9, Bob Marley rentre à Miami où il est hospitalisé. Le 11, tout est fini. Bob Marley est rapatrié dans son pays et a droit à des funérailles nationales.

Le cortège qui suit le cercueil de Kingston jusqu'à son mausolée à Nine Miles, son village natal, est interminable.

Copyright 2012 Music Story Raphaël Richard

PUBLICITÉS