Biographie Michaël Youn : Michaël Benayoun, né le 2 décembre 1973 à Suresnes, passe son enfance dans le sud de la France, avant de suivre une préparation HEC (Haute Ecole du Commerce) à Neuilly puis à l'ESC et au SERAM à Nice, ses études le préparant à un bel avenir de cadre commercial. Tout irait bien dans le meilleur des mondes si ce n'était la personnalité à contre-courant du jeune homme doué en farces.

Morning LiveDécidant de tout larguer pour se consacrer à une carrière artistique (au grand dam de sa mère l'élevant seule), le jeune homme prend quelques cours de théâtre (au Cours Florent) avant de postuler pour des émissions de radio destinées au public jeune. Remarqué par Skyrock, il investit l'antenne en détournant les infos et animant un show matinal très suivi. Son style décalé plaît et attire des auditeurs toujours plus nombreux ; c'est alors la chaâine de télévision M6, à l'affût d'un nouveau talent capable d'aninmer la tranche matinale, qui lui propose un concept d'émission original que l'animateur va conscienceusement détourner en un show démesuré et imprévisible. Le Morning Live (« de 7 à 9 heures, l'émission qui réveille les voisins ») est lancé, qui va révéler pendant deux ans les talents de comique cascadeur et pétomane d'un Michaël Youn, vériable Ovni du PAF sans tabous ni limites. L'aventure, commencée en juillet 2000, s'arrête en mars 2002, laissant l'animateur sur les rotules et avide d'une nouvelle expérience.

C'est avec ses deux lieutenants du Morning Live, Vincent Desagnat et Benjamin Morgaine, que Michaël Youn ne tarde pas à rebondir sous les traits du groupe Bratisla Boys. Créé pour les besoins d'un sketch, le groupe de « pop slave » prend réellement forme et enregistre tout un album parodiant à la fois la mode des « musiques du monde » et certains chanteurs français à forte notoriété ; le titre primaire « Stach stach », digne des Nuls, obtient un succès retentissant en grimpant au sommet des classements pendant dix semaines, totalisant un million et demi de singles vendus.


« Le Frunkp »Fort de ce triomphe, Michaël Youn ce qui lui tient à coeur depuis longtemps : la scène. Impatient de « brûler les planches », il élabore un one-man show à sa mesure, délirant, intitulé Pluskapoil, qu'il présente lors d'une tournée en province avant de remplir La Cigale à Paris. Les personnages qu'il campe, Victor le psychopathe, Christelle l'ado hystérique, la « prostituée à roulettes », sont devenus cultes dans l'esprit du public. Le spectacle l'impose au premier rang des humoristes français, en prise directe sur le quotidien des ados de son époque. En 2003, entre des interventions aussi spectaculaires qu'imprévues à la télévision - le comique se fait un plaisir de perturber les émissions où il est ou non invité - Michaël Youn s'en prend au funk. Personnage principal du film La Beuze de François Desagnat (le frère aîné de Vincent), Alphonse Brown est aussi l'interprète du hit « Le Frunkp », mélange de rap et de funk, qui suscite un deuxième album. Si le film, désormais culte, ne « déchire » pas le box-office, il permet à l'acteur principal d'ajouter le cinéma à un palmarès déjà bien garni.

Le défi suivant est encore plus fou. Dans la comédie Les Onze commandements inspirée de la série américaine Jackass, Michaël Youn et sa bande de Conards multiplient les scènes d'action et cascades en tous genres. La chanson du groupe, « Comme des connards », libre adaptation du hit millésimé 80 « My Sharona » (The Knack), parodie le rock/metal (« On ne sera jamais vieux parce qu'on est jeunes »). Ses apparitions dans les longs-métrages se multiplient : Le Tour du monde en quatre-vingts jours en 2004, L'un reste, l'autre part (Claude Berri) en 2005, et Incontrôlable l'année suivante, auxquels s'ajoute Iznogoud (Patrick Braoudé, 2005). Michaël Youn interprète le personnage de bande dessinée aux côtés de Jacques Villeret, Franck Dubosc et Kad Merad. Plus surprenants sont les rôles qu'il aborde dans les drames Héros et Aux Armes, etc. (2007) où il s'éloigne de son registre habituel.


Fatal Bazooka
Fin 2006, c'est le retour à la parodie sous la nouvelle identité Fatal Bazooka. C'est au tour du hip-hop et de ses clichés récurrents de déguster dans le single « Fous ta cagoule » (n°1 des ventes - comme les trois suivants). Le titre suivant, « Mauvaise foi nocturne » featuring Vitoo, assorti d'un clip avec Pascal Obispo en guest-star, n'est autre qu'une relecture de la « Confession nocturne » (featuring Vitaa) de Diam's. Le quatrième single extrait de l'album T'as Vu, « Parle à ma main », avec la participation de la chanteuse Yelle dans le clip qui fait le tour du web, devient quant à lui un véritable phénomène à l'automne 2007.

Michaël Youn, l'humoriste le plus controversé du moment, n'a pas fini de surprendre. Arrivé comme un cheveu sur la soupe avec ses manières de sale môme et son ton graveleux, il a cependant prouvé qu'il pouvait être à l'aise dans différents registres. Héritier contemporain des comiques troupiers, c'est certainement celui qui est le actuellement plus en phase avec son temps.


Copyright 2012 Music Story Jamila Wahid

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