Biographie Ringo Starr : Richard Starkey, dit Ringo Starr (son surnom trouvant son origine dans ses doigts, en permanence chargés de bagues : rings), fait irruption sur terre le 7 juillet 1940, naturellement à Liverpool (Angleterre). Il est l'enfant unique d'un couple divorcé. C'est à six ans qu'une péritonite, suivie d'un coma, le contraint à une hospitalisation de plusieurs mois. A l'âge de treize ans, c'est une pleurésie qui le renvoie à l'hôpital. Il ne fréquente l'école que de loin en loin, et atteint donc l'adolescence sans réelle notion d'orthographe, proche de l'analphabétisme, et contraint d'écrire phonétiquement. En revanche, il décide très jeune de devenir batteur.

Dès 1957, il est musicien de l'Eddie Clayton Skiffle Group. En 1959, il intègre le groupe de Liverpool The Raving Texans, qui deviennent par la suite Rory Storm and the Hurricanes.

Quatre garçons dans le vent de l'histoire

Seul authentique musicien professionnel du groupe, il remplace Peter Best à la batterie des Beatles (qu'il a rencontrés deux années auparavant à Hambourg), le 16 août 1962.Les dix années suivantes appartiennent à la légende du rock.Lorsque Ringo s'essaie à la composition (« What Goes On », « Octopus's Garden » pour l'album Abbey Road, « Don't Pass Me By » tel qu'il figure sur l'album blanc), c'est souvent en réminiscence de mélodies qui ont bercé son enfance. John Lennon et Paul McCartney s'attachent à composer pour lui quelques refrains immortels (« Yellow Submarine », « With a Little Help from My Friends ») qu'il interprète avec conviction, sinon compétence. Car lorsqu'il chante, c'est d'une curieuse voix atone, à la tessiture limitée.

Mais Ringo reste le maître du tempo, et, assez curieusement, le ciment qui unit, pour le meilleur et le meilleur, les trois autres membres du groupe, aux egos démesurés. Il fait également preuve d'un éternel bon sens populaire, en particulier face aux tentations mystiques de ses trois amis. Enfin, on salue son humour, et la fulgurance de certaines de ses interventions (il reste le géniteur de l'improbable expression « A Hard Day's Night »).

En 1964, il se fait opérer des amygdales, ce qui ne lui permet pas de mieux chanter. En 1965, il épouse Maureen Cox, coiffeuse de son état, et il devient au mois de septembre de la même année père de Zak, qui, aux côtés des Who, et d'Oasis, joue aujourd'hui de la...batterie. En 1968, un nouveau petit garçon, Jason, vient illuminer le foyer des Starkey. Ringo Starr a naturellement participé à l'ensemble des films des Beatles (A Hard Day's Night en 1964, Help!, tourné aux Bahamas en 1965, Reflections on Love en 1966, Magical Mystery Tour en 1967, Let it Be en 1969). On peut le voir, toujours en 1969, dans les films Candy (auberge espagnole psychédélique, accueillant Marlon Brando et Charles Aznavour) et The Magic Christian (où il croise Peter Sellers).

Un peu de nostalgie

En 1970, quelques semaines avant l'annonce de la séparation des Beatles, Starr enregistre son premier album solo. Comme son nom l'indique, Sentimental Journey (de son propre aveu enregistré en hommage à sa mère), offre un voyage nostalgique au royaume des airs de son adolescence. L'album suivant, Beaucoup of Blues, enregistré à Nashville, et collection de chansons de country music, est unanimement salué par critique et public, et ne précède que de quelques semaines la naissance d'une petite fille, Lee Parkin.

En 1971, son single « It Don't Come Easy » est un tube des deux côtés de l'Atlantique, et Starr récidive l'année suivante grâce à « Back Off Boogaloo » (supposé avoir été composé par Marc Bolan, pour lequel le batteur dirige et produit la même année le film Born to Boogie). On peut également voir son nom figurer au générique du western-spaghetti Blindman, et il incarne Frank Zappa dans 200 Motels, film du même. En 1973, vif émoi au sein des fans : les quatre Beatles participent tous à l'album Ringo, mais...en ordre dispersé, et jamais tous ensemble. On salue également la performance de Ringo dans le film That'll Be the Day, où il partage l'affiche avec David Essex.

Beaucoup de succès

En 1974, deux reprises (« Only You » des Platters, et « You're Sixteen » de Johnny Burnette), lui procurent deux nouveaux succès, entraînant par-là même celui de l'album Goodnight Vienna. On peut également le voir dans Son of Dracula, pochade musicale produite par les films Apple, où il côtoie son compagnon de goguette, le chanteur Harry Nilsson.

En 1975, Starr incarne le pape aux côtés du chanteur des Who Roger Daltrey, pour le compte du Lisztomania de Ken Russell.

Enormément d'alcool

Mais l'embellie ne dure pas, et les albums suivants, conséquence du mode de vie dissipé du chanteur, constituent des échecs relatifs (ainsi de Ringo's Rotogravure en 1976, et Ringo The 4th en 1977). En 1978, il enregistre Bad Boy, et croise Mae West dans le film Sextette, et on peut également l'apercevoir dans The Last Waltz de Martin Scorsese. Il tourne en 1981 Caveman (qualifié de comédie pré-hystérique) aux côtés de Dennis Quaid (il y croise une ex James Bond Girl du film L'espion qui m'aimait, Barbara Bach, qu'il épouse le 27 avril). Mais l'album Stop and Smell the Roses est qualifié de pire album de l'année par la presse britannique.

En 1982, il assure un petit rôle dans The Cooler, film de Wayne Kramer. En 1983, l'album Old Wave ne trouve pas de distributeur aux Étas-Unis. En 1984, il tourne dans Give My Regards to Broad Street, désastre financier signé Paul McCartney.

Avec un petit coup de main des amis

En 1989, débarrassé de son penchant pour l'alcoolisme, il rassemble une troupe de copains (Billy Preston - qui fut claviériste de séance pour The Beatles - l'ex The Band Levon Helm, le néo-orléanais Dr. John) sous la bannière du All Starr Band, et entreprend une tournée américaine, qui rassemble un public enthousiaste.

En 1992, l'album Time Takes Time accueille quelques invités prestigieux, tels Brian Wilson, ou Jeff Lynne de l'Electric Light Orchestra. En 1998, Starr enregistre l'album Vertical Man, qui est suivi en 1999 du disque de Noël I Wanna Be Santa Claus. En 2001 est éditée la compilation Ringo and His All Starr Band : The Anthology.

En 2003 est publié l'album Ringorama et en 2004, le batteur édite Postcards from the boys, collection de cartes, à lui adressées, par Lennon, McCartney et Harrison. En 2005 sort l'album Choose Love, et on peut l'entendre l'année suivante dans le Last Man Standing de Jerry Lee Lewis.

En 2007, la compilation Photograph rend justice à une oeuvre discographique parfaitement sous-estimée, et la même année, Starr propose l'album en public PBS Soungstage. En 2008, sort l'album Liverpool 8, et le batteur et chanteur repart en tournée avec un All Starr Band constitué autour d'un nouveau line-up. Après un Y Not conventionnel en 2010, le résident monégasque convie quelques vieilles gloires de ses amis à participer à l'album Ringo 2012 produit par Van Dyke Parks et composé par Glen Ballard. Sont notamment présents Dave Stewart, Don Was, Edgar WinterJoe Walsh, Benmont Tench et Kenny Wayne Shepherd.

Ringo Starr a également oeuvré pour la télévision, et a assuré à plusieurs reprises le rôle du narrateur dans des contes pour enfants. Il est décoré de l'Ordre de l'Empire Britannique.

Copyright 2012 Music Story Christian Larrède

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